Robben Island pourquoi cela a pu être marquant et en même temps décevant…

Venir en Afrique du Sud c’est venir sur le terre d’un pays chargé de son Histoire et en particulier celle de l’Apartheid. Et quand on visite Cape Town, il y a toujours un moment où on se replonge dans ce passé sordide. On souhaite de toutes les façons en apprendre plus car il est inévitable, dans ce voyage, de constater et ressentir cette séparation sociale, économique, territoriale, culturelle … entre les blancs et les noirs et cela de façon quotidienne.

J‘avais lu différentes reviews sur la visite de Robben Island, île-prison sur laquelle fut détenu pendant 17 ans Nelson Mandela, mais rien qui ne m’empêche d’avoir envie d’y aller et d’en apprendre plus. Nous avons donc réservé nos billets pour le bateau du matin: 550 rands/personne soit 34€/personne comprenant l’aller-retour en bateau depuis Waterfront, la visite en bus de l’île et les explications dans la prison. Tout cela dure la 1/2 journée. Tout commence donc par une traversée en bateau de 40mn (selon conditions de la mer). Là l’ambiance est plus à la photo de Table Mountain et du Waterfront qu’à l’Histoire de l’Apartheid, ce n’est pas encore là qu’on se met dans « l’ambiance ».

Sur le bateau direction Robben Island on laisse Cape Town derrière nous

Il n’y a pas le choix niveau visite, tout est organisé par un seul organisme, tout est guidé et timé: dés la sortie du bateau, des personnes vous encadrent pour que vous montiez dans les bus. Et hop en moins de 5mn la cargaison de touristes est répartie au pas de course dans 4 bus qui vont suivre le même chemin qui dure plus ou moins 30mn (l’île est petite). On passe devant des maisons d’anciens prisonniers, les carrières où ils travaillaient et le petit village de l’île (toujours habité) avec une halte aux toilettes et café où on a le droit de marcher devant l’esplanade pas un pas de plus… et d’admirer la vue sur Cape Town avec le fameux cadre exprès pour faire les pauses photos…. Si quelques minutes avant le guide dans le bus racontait la vie de la prison depuis sa création (bien avant l’Apartheid d’ailleurs), tout à coup on se croirait en circuit Marmara avec pause photo/café/pipi…

L’île a été successivement une prison pour les opposants aux colonies puis un asile puis un centre pour lépreux avant de devenir la prison de l’Apartheid

On ne va pas se mentir, à ce moment là de la visite, grosse déception: dans le bus on ne voit pas grand chose, il faut en fait être les premiers à monter pour être côté fenêtre sinon côté allée on voit que dalle… La guide est sympathique avec ses petites histoires mais franchement on a du mal à se mettre dedans, le côté micro dans le bus et « est-ce que tout le monde m’entend » c’est pas notre truc… et alors la pause au bord de mer c’est carrément décalé surtout qu’on retrouve nos amis selfistes qui font la queuleuleu devant le cadre pour se prendre en photo …. Mon Dieu ça m’énerve !

On remonte dans les bus (chacun à sa place, la guide l’a bien dit, et ceux qui ont le côté fenêtre se précipitent pour ne pas que quelqu’un leur vole la place …). Encore un petit tour de quelques minutes et on descend. Ouf, pas mécontente de sortir de ce truc. Un autre guide apparaît et prend en charge le groupe. Pour nous il s’agissait d’un ancien prisonnier, mais ça il nous le dira beaucoup plus tard. On entre dans la prison de haute sécurité où furent emprisonner les prisonniers politiques (dont Nelson Mandela). Bon rien de spécial, il faut faire preuve d’imagination pour tenter de ressentir la situation de l’époque car tout est en bon état, tout est propre, ce n’est pas la prison de Siem Rap ou de Con Dao qui vous prennent au trip dès qu’on met un pied dedans. Là l’émotion ne vient pas de suite...on est dans un lieu Historique dramatique mais je trouve que l‘organisation timée avec les bus, le micro, la pause selfies etc ça castre l’émotion et l’imagination.

Rapidement, on entre dans une grande salle, on s’assied et on va rester ici quasi 1h… et là c’est enfin le moment hyper intéressant de la visite. Le guide va nous expliquer la vie de la prison, les règles, le fonctionnement ….et plus globalement la vie au temps de l’Arpatheid et les conséquences sur la vie d’aujourd’hui. On apprend beaucoup de choses. Au fur-et-à-mesure de ses explications, je me suis dit que pour en parler de façon aussi précise et avec un telle capacité de captation c’est qu’il avait dû le vivre. On comprend qu’il est ancien prisonnier, ce qu’il confirme vers la fin. Alors c’est un peu une visite à l’Américaine: il parle pendant quasi 1h avec de l’émotion, un peu en « one-man show » … personnellement j’ai adhéré et j’ai réussi à vivre l’émotion mais cela peut déplaire. À la fin, on peut poser des questions (selon le temps qu’il reste).

On sort ensuite de la salle pour traverser la prison jusqu’aux cellules. Elles sont petites, austères et se ressemblent toutes. Quand on passe devant celle de Nelson Mandela, le guide le signale mais sincèrement elle est comme toutes les autres. Et la visite n’est pas une ode à Mandela, même si on en parle évidemment, c’est vraiment plus large, c’est vraiment sur l’Arpatheid d’hier et les conséquences aujourd’hui. Ensuite on retourne rapidement au bateau parce que le guide a tellement parlé qu’on est un peu en retard…. pas trop le temps de s’attarder dans les bâtiments c’est hyper rapide.

Mais le gros Hic c’est que tout, absolument tout, est en anglais, un anglais parfait comme le parlent les Sud Africains... Et donc rester enfermés 1h avec un guide qui parle en anglais quand on ne comprend rien c’est long … et pour Paulo qui ne parle pas anglais ça a été super long. C’était aussi le cas pour une famille de français qui était là et dans laquelle ni les parents ni les ados ne comprenaient …. au début ils ont fait des efforts mais après on voyait qu’ils n’en pouvaient plus….

Donc pour moi la visite reste intéressante (même si je regrette la première partie en bus, la possibilité d’écouter cet ancien prisonnier était émouvante et captivante) mais pour Paulo ça a été la déception: comme il ne comprend pas l’anglais, il est passé à côté du plus intéressant et clairement la visite des bâtiments eux-mêmes est hyper courte et sans grand intérêt. Il n’a pas eu d’émotion car tout vient de ce que raconte le guide et on reste enfermés avec lui au final la majorité de la visite ! Sincèrement si on ne comprend pas un minimum (voire plus que minimum) l’anglais, ça ne vaut pas la peine, on passera à côté et on aura l’impression de se faire avoir… De même ne pas venir pour Mandela, ce n’est pas le coeur de la visite.

2 Replies to “Robben Island pourquoi cela a pu être marquant et en même temps décevant…”

  1. […] même le soir on se sent en sécurité. C’est ici également qu’on prend le bateau pour Robben Island et qu’on peut visiter l’excellent musée […]

  2. […] MUSEE DISTRICT 6 : Autre musée incontournable à Cape Town et qui se trouve au centre de la ville: le musée District 6. Il retrace la vie du quartier avant l’Apartheid, la démolition du quartier et le relogement des habitants dans les townships. Le musée n’est pas grand et il regorge d’objets, photos, histoires…il existe des visites guidées en anglais qui peuvent apporter un plus car elle sont faites par des anciens habitants du quartier. (Je ne parle pas ici de Robben Island dont j’ai fait un article spécifique). […]

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