Guépards au CCF et Africat Center (Okonjima)

Nous avons consacré la fin de notre voyage en Namibie à en savoir plus sur les guépards. Nous avons donc visité le Cheetah Conservation Fund (CCF) et l’Africat Fundation (Okonjima). Les deux ont une activité de protection des guépards.

La question des guépards en Namibie: 

Qui est-il ? le guépard est un félin à part en Namibie car il est le dernier représentant de son espèce, selon les experts il en resterait dans le monde aujourd’hui, un peu moins de 10 000 dont la majorité vit en Namibie. Selon eux toujours, l’extinction de l’espèce serait aussi l’extinction du genre entier puisqu’il n’y a pas d’autre représentant…. Une espèce à part également car, contrairement à beaucoup d’autres espèces, il chasse en plein jour ce qui le rend extrêmement vulnérable. Sa technique de chasse est à la fois un atout et une contrainte: il est le plus rapide au monde avec une vitesse de pointe de 110km/h mais qu’il ne peut maintenir que sur une durée de +/- 400m. Mais surtout après avoir couru si rapidement, le guépard a besoin d’une vingtaine de minutes de récupération: là encore, contrairement à d’autres chasseurs, une fois la proie attrapée et tuée, il ne la mange pas de suite, il doit d’abord récupérer, et il arrive que dans ce laps de temps il se fasse voler sa proie par d’autres prédateurs comme les lions ou hyènes ….

Pourquoi en danger ? Le premier prédateur du guépard est encore une fois et malheureusement l’Homme ! Alors oui on peut parler de ces chasses aux trophées qui sont totalement abjectes et incompréhensibles (et autorisées par le gouvernement en Namibie car cela rapporte de l’argent !!). Mais les premiers à tuer les guépards sont les fermiers: il faut comprendre que tout le sud de la Namibie est composé de fermes dont les terrains avoisinent pour chacun 80 000 hectares …. (non je ne me suis pas trompée !!). Et c’est sur ces terrains que les guépards vivent et tuent le bétail des fermiers… comme ils chassent en plein jour, ils sont victimes (et bien qu’ils ne soient pas les seuls prédateurs puisque chassent aussi les Lycaons, les hyènes…) des tirs de fermiers. Il y a peu d’espace en fait totalement libre, en dehors des réserves animalières … hors la majorité des guépard vit en dehors des réserves animalières puisqu’ils ont besoin de beaucoup d’espaces et n’aiment pas être en concurrence avec les autres prédateurs, comme les lions et hyènes, qui risquent de leur voler leur proie comme expliqué et qui représentent un danger pour leurs petits. Ce problème est d’autant plus vrai que la sécheresse, l’augmentation de l’exploitation du bétail et la culture sur brûlis ont fait diminuer le nombre de savanes grasses nécessaire aux guépards et à ses proies. La problématique du guépard est également sa faible diversité génétique, c’est-à-dire qu’ils ont tous une carte génétique très similaire ce qui les expose à plus de maladies et les affaiblit.

Le CCF: Le Cheetah Conservation Fund est un association internationalement reconnue donc la fondatrice et présidente, Laurie Marker, est internationalement connue pour son action de sensibilisation et préservation des guépards. L’association s’occupe uniquement des guépards: certains guépards sont en captivité et y resteront car ils ne peuvent pas être remis en liberté, ils sont également importants pour la partie sensibilisation de l’association: on peut les voir, les voir courir (le Cheetah run à 8h le matin), manger (14h en semaine et à midi le samedi et le dimanche). Ces guépards sont ceux recueillis trop petits (souvent la mère ayant été tuée par des fermiers) et qui n’ont pas appris à chasser avec leur mère et ne sont pas capables de vivre à l’état sauvage. Il y a également des guépards « apprivoisés »: ils ont été trouvés petits, adoptés comme un « gros chat » puis les proprios se sont sentis dépassés par cet animal sauvage et l’ont remis à l’association: malheureusement ces animaux ne peuvent pas être réintégrés à l’état sauvage d’une part car ils n’ont pas appris correctement à chasser mais également parce qu’ils sont trop proches de l’Humain, pas assez méfiants ce qui les amènerait à s’approcher trop près des fermes et donc les mettrait en danger….

Guépards du CCF en enclos
Guépards du CCF en enclos

Les guépards qui sont soignés et qui vont être remis en liberté, ne sont pas visibles par les visiteurs afin de les garder le plus possible à l’état sauvage en vue de leur réintégration.

Outre le fait de recueillir, soigner et, si possible, réintégrer les guépards à l’état sauvage, l’association encourage les fermiers à travailler avec des chiens de berger (le Kangal) qui dissuadera le guépard de s’attaquer aux troupeaux sans avoir besoin de le tuer … si le projet est intéressant et séduisant, il reste très compliqué à mettre en place car changer les habitudes, en Namibie ou ailleurs, reste l’ambition la plus complexe qu’il soit !

Le CCF s’occupe de dresser les chiens et les revend aux fermiers

Enfin l’association réalise également des actions d’éducation et de communication (comme l’accueil de visiteurs) avec un musée très intéressant et bien fait. Pour compléter leurs financements privés, et en plus des droits de visite, ils ont créé une ferme: le but premier est à la fois d’éduquer les chiens de berger mais également de prouver aux fermiers leur capacité de gardiennage, mais ils ont également décidé d’utiliser le lait des chèvres pour faire des fromages qu’ils mettent en vente ! Enfin, ils débarrassent des parcelles de terrains « libres » envahies de ces buisson épineux dangereux pour les guépards et nuisibles aux éventuelles proie de ceux-ci, et idée astucieuse pour un autre moyen de financement, ils les transforment en bois de chauffage revendu aux lodges alentours !

Visite: les droits d’entrée comprennent une petite visite guidée du site. Si vous êtes là à 14h (ou midi les week-ends) vous pourrez assister au nourrissage des guépards qui sont présents sur le site (ceux qui ne seront jamais relâchés) avec des explications très intéressantes.  Les activités comme la course du matin et le drive dans les enclos sont en supplément. 

L’Africat Center: L’Africat Center se situe au sein de l’Okonjima Lodge et là ce n’est pas une association mais une fondation. Nous avions lu des critiques avant de partir accusant la fondation d’être trop luxueuse. Evidemment nous ne sommes pas dans les petits papiers et ne savons pas le vrai du faux. Mais nous avons demandé des infos à des personnes vivant en Namibie ainsi qu’à Tourmaline et à chaque fois la réponse était unanime: oui l’Africat Center fait un vrai travail de protection et réintégration des guépards. Donc nous avons décidé d’y aller.

Okonjima

Il faut distinguer la partie « lodge » qui effectivement est très luxueuse de la partie fondation que nous avons trouvée parfaite et très intéressante.

L’Africat ne s’occupe pas seulement des guépards, elle soigne et s’occupe également de hyènes, léopards et lions.

Là il s’agit d’un léopard et non d’un guépard: le léopard est beaucoup plus trapu et n’a pas les traits noirs sur la gueule.

Concernant les guépards, les léopards et hyènes, ils sont recueillis, soignés puis, si possible relâchés à l’état sauvage (ce qui reste assez rare) ou bien installés dans de grands enclos en attendant leur réintégration dans la réserver naturelle d’Okonjima de plusieurs millers d’hectares. En fait si les animaux ne peuvent retourner à la vie totalement sauvage (pour les mêmes raison qu’expliquées ci-dessus), ils sont réintroduits dans cette réserve gérée par la fondation: on leur pose un collier émetteur qui permet de les suivre et de vérifier leur aptitude à se débrouiller, car dans cette réserve ils ne sont pas nourris et doivent cohabiter avec les hyènes et léopards, tuer leur gibier… C’est un état semi-sauvage. Il arrive cependant que des guépards n’arrivent pas à se nourrir et à vivre dans cette réserve, dans ce cas, ils sont ramenés dans les enclos. La fondation tente de les réintroduire plusieurs fois, l’objectif étant au maximum de maintenir ces animaux à l’état sauvage…Seul un léopard vit en enclos car il avait été « adopté » très petit par des namibiens comme animal domestique mais devenu trop dangereux, il a été remis à la fondation. S’il est trop « domestiqué » pour vivre dans la réserve, il n’en reste pas moins un animal dangereux qui pourrait tout à fait vous tuer si vous étiez en face de lui, son instinct est intact !

Et là deux guépards

La partie Lodge se situe en dehors de la réserve afin de ne pas perturber les animaux. On ne peut y accéder que via les activités proposées par le lodge.

Concernant les lions, la fondation travaille avec les fermiers du nord de la Namibie: aux alentours d’Etosha, en dehors du parc, il y a beaucoup de lions qui s’attaquent aux troupeaux et aux humains d’où le conflit. La fondation dote les lions de colliers émetteurs afin de les suivre et de prévenir les villageois lorsqu’un lion s’approche afin de parquer le bétail. Ils aident également les villageois à construire des barrières solides afin de protéger le bétail la nuit. Enfin ils mènent des campagnes d’éducation et de sensibilisation.

Lors de la visite, on peut visiter la petite clinique privée bien équipée ainsi qu’un espace éducatif et pédagogique.

Visite : il semblerait qu’il soit possible de venir visiter le site à la journée mais aucune activité n’est possible si on ne dort pas sur place. Pas de panique, si vous n’avez pas les moyens de dormir dans leurs chambres, vous pouvez loger au camping qui est top. Et du coup avoir accès aux activités. Ils proposent la visite de l’Africat qui dure la matinée, on fait le tour des enclos à la rencontre des guépards, visite de la clinique et du petit espace informatif en compagnie d’une super guide puis on peut aller observer le léopard à l’heure du déjeuner: nous sommes cachés dans un abri en bois, séparés par un petit cours d’eau, néanmoins, il arrive que le léopard soit dans un mauvais jour et traverse le cours d’eau pour sauter sur la cabane, dans ce cas, repli stratégique ! En revanche les activités track au léopard, track aux hyènes et track aux guépards sont prioritairement réservées aux personnes qui dorment dans les hébergements, en camping on peut s’inscrire s’il reste de la place mais attention ça coûte cher (autour de 180€/personne …)

Notre avis: 

  • Le CCF est une petite structure que l’on visite en quelques heures. Si le musée est intéressant, que l’action de l’association est indéniablement fondamentale, que le projet chien de berger semble un avenir prometteur dans la sauvegarde des guépards, que les personnes rencontrées (toutes plutôt assez jeunes) étaient charmantes, nous n’avons pas été emballés plus que ça. Entendons nous bien, cela reste un bon moment mais nous avons pris le drive d’1h qui nous emmène dans les enclos juste à côté, en 5mn nous avions vu les guépards… puis petit tour dans la partie chenil. Bref l’option drive n’est pas extraordinaire, on peut s’en passer. Ensuite, on peut voir des guépards juste à côté du petit musée, mais ils sont en enclos évidemment, on les voit donc derrière une grille et ça nous  a mis un peu mal à l’aise … en fait on a de la peine de les voir comme ça, ces magnifiques animaux sauvages … on sait qu’ils ne peuvent pas être réintroduis  mais quand même ça nous a gênés de les regarder derrière leur grille, on a trouvé qu’ils sont trop près du centre d’accueil des touristes … Cependant, l’association a besoin de soutien donc on ne peut qu’encourager cette visite de quelques heures. Le petit café sur place est sympa.

Préparation des gamelles des guépards en enclos
Nourrissage des guépards
  • L’Africat et Okonjima on a adoré. Déjà le site de l’Okonjima est magnifique, on s’enfonce dans les terres, dans un terrain extraordinaire. Quand on rentre, on traverse d’abord la réserve naturelle on peut donc voir des guépards ou léopards … avant de franchir les portes de la partie lodge, sur un terrain immense avec girafes … Bref on a déjà été influencés par la partie Okonjima qu’on a adoré. Puis nous avons réservé la visite de l’Africat, un guide est venu nous chercher au camping pour nous emmener dans les enclos à guépards, comme pour le CCF, mais les enclos sont à l’abri des regards des touristes, ils nous ont semblé plus vastes et surtout le guide plus pro. Ensuite nous avons visité la clinique et le petit musée et avons beaucoup appris sur les guépards, les léopards et les lions. Et, clou du spectacle, nous nous sommes assis dans la petite cabane pour observer le repas du magnifique léopard ….
Okonjima
Le site est vraiment beau et on observe des girafes, des phacochères, des gazelles, des springbok …
Le repas du léopard, on entend les os céder sous la puissance de sa mâchoire ….
Ce léopard est assez âgé et avec un peu d’embonpoint !
Magnifique animal
Guépard en enclos, un animal majestueux parmi tous les animaux magnifiques de Namibie !!!!

Coûts: 

  • Drive d’1h au CCF: 480$N/personne soit 35€/personne sans grand intérêt selon nous pour la partie drive, on recommande seulement la visite et pourquoi pas le cheetah run du matin
  • Camping Okonjima: 400$N/personne soit 60€/nuit pour 2 personnes (sanitaires privés, bois pour le feu de camp, piscine sympa)
  • Visite de l’Africat (1/2 journée): 550$N/personne soit 40€/personne

 

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